Archive for the Poetry Category

Sonnet LIII

Posted in Painting, Poetry with tags , on December 18, 2015 by Dylan Thomas Hayden

Alexander the Great and Campaspe in the Studio of Apelles, c. 1740

Giovanni Battista Tiepolo, Alexander the Great and Campaspe in the Studio of Apelles, c. 1740
The J. Paul Getty Museum

What is your ſubstance,whereof are you made,
That millions of ſtrange ſhaddowes on you tend?
Since euery one,hath euery one,one ſhade,
And you but one,can euery ſhaddow lend:
Deſcribe Adonis and the counterfet,
Is poorely immitated after you,
On Hellens cheeke all art of beautie ſet,
And you in Grecian tires are painted new:
Speake of the ſpring,and foyzon of the yeare,
The one doth ſhaddow of your beautie ſhow,
The other as your bountie doth appeare,
And you in euery bleſſed ſhape we know.
     In all externall grace you haue ſome part,
     But you like none,none you for conſtant heart.

Text from the 1609 Quarto Version

Hendecasyllabics

Posted in Painting, Poetry with tags , on November 19, 2015 by Dylan Thomas Hayden

Léon Germain Pelouse, Banc de rochers à Concarneau, 1880

Léon Germain Pelouse, Banc de rochers à Concarneau, 1880
Musée des beaux-arts de Brest

In the month of the long decline of roses
I, beholding the summer dead before me,
Set my face to the sea and journeyed silent,
Gazing eagerly where above the sea-mark
Flame as fierce as the fervid eyes of lions
Half divided the eyelids of the sunset;
Till I heard as it were a noise of waters
Moving tremulous under feet of angels
Multitudinous, out of all the heavens;
Knew the fluttering wind, the fluttered foliage,
Shaken fitfully, full of sound and shadow;
And saw, trodden upon by noiseless angels,
Long mysterious reaches fed with moonlight,
Sweet sad straits in a soft subsiding channel,
Blown about by the lips of winds I knew not,
Winds not born in the north nor any quarter,
Winds not warm with the south nor any sunshine;
Heard between them a voice of exultation,
“Lo, the summer is dead, the sun is faded,
Even like as a leaf the year is withered,
All the fruits of the day from all her branches
Gathered, neither is any left to gather.
All the flowers are dead, the tender blossoms,
All are taken away; the season wasted,
Like an ember among the fallen ashes.
Now with light of the winter days, with moonlight,
Light of snow, and the bitter light of hoarfrost,
We bring flowers that fade not after autumn,
Pale white chaplets and crowns of latter seasons,
Fair false leaves (but the summer leaves were falser),
Woven under the eyes of stars and planets
When low light was upon the windy reaches
Where the flower of foam was blown, a lily
Dropt among the sonorous fruitless furrows
And green fields of the sea that make no pasture:
Since the winter begins, the weeping winter,
All whose flowers are tears, and round his temples
Iron blossom of frost is bound for ever.”

Fêtes galantes XXII: Colloque sentimental

Posted in Fêtes galantes, Painting, Poetry with tags , on November 18, 2015 by Dylan Thomas Hayden

Une allée d'arbres, c. 1715, Hermitage

Une allée d’arbres, c. 1715
The Hermitage, Saint Petersburg

Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux formes ont tout à l’heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l’on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux spectres ont évoqué le passé.

— Te souvient-il de notre extase ancienne ?
— Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ?

— Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ?
Toujours vois-tu mon âme en rêve ? — Non.

— Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! — C’est possible.

— Qu’il était bleu, le ciel, et grand, l’espoir !
— L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

Fêtes galantes XXI: En sourdine

Posted in Fêtes galantes, Painting, Poetry with tags , on November 17, 2015 by Dylan Thomas Hayden

Le voleur du nid de moineau, c. 1712

Le voleur du nid de moineau, c. 1712
National Gallery of Scotland

Calmes dans le demi-jour
Que les branches hautes font,
Pénétrons bien notre amour
De ce silence profond.

Fondons nos âmes, nos cœurs
Et nos sens extasiés,
Parmi les vagues langueurs
Des pins et des arbousiers.

Ferme tes yeux à demi,
Croise tes bras sur ton sein,
Et de ton cœur endormi
Chasse à jamais tout dessein.

Laissons-nous persuader
Au souffle berceur et doux
Qui vient à tes pieds rider
Les ondes de gazon roux.

Et quand, solennel, le soir
Des chênes noirs tombera,
Voix de notre désespoir,
Le rossignol chantera.

Fêtes galantes XX: L’Amour par terre

Posted in Fêtes galantes, Painting, Poetry with tags , on November 16, 2015 by Dylan Thomas Hayden

Plaisirs d'amour, c. 1719, Gemaldegalerie, Dresden

Plaisirs d’amour, c. 1719
Gemäldegalerie Alte Meister, Dresden

Le vent de l’autre nuit a jeté bas l’Amour
Qui, dans le coin le plus mystérieux du parc,
Souriait en bandant malignement son arc,
Et dont l’aspect nous fit tant songer tout un jour !

Le vent de l’autre nuit l’a jeté bas ! Le marbre
Au souffle du matin tournoie, épars. C’est triste
De voir le piédestal, où le nom de l’artiste
Se lit péniblement parmi l’ombre d’un arbre.

Oh ! c’est triste de voir debout le piédestal
Tout seul ! Et des pensers mélancoliques vont
Et viennent dans mon rêve où le chagrin profond
Évoque un avenir solitaire et fatal.

Oh ! c’est triste ! – Et toi-même, est-ce pas ? es touchée
D’un si dolent tableau, bien que ton œil frivole
S’amuse au papillon de pourpre et d’or qui vole
16 Au-dessus des débris dont l’allée est jonchée.

Fêtes galantes XIX: Colombine

Posted in Fêtes galantes, Painting, Poetry with tags , on November 15, 2015 by Dylan Thomas Hayden

La sérénade italienne, c. 1718, Stockholm

La Sérénade Italienne, c. 1718
National Museum, Stockholm

Léandre le sot,
Pierrot qui d’un saut,
     De puce
Franchit le buisson,
Cassandre sous son
     Capuce,

Arlequin aussi,
Cet aigrefin si
     Fantasque
Aux costumes fous,
Ses yeux luisant sous
     Son masque,

– Do, mi, sol, mi, fa –
Tout ce monde va,
     Rit, chante
Et danse devant
Une belle enfant
     Méchante

Dont les yeux pervers
Comme les yeux verts
     Des chattes
Gardent ses appas
Et disent : « Àbas
     Les pattes !»

– Eux ils vont toujours ! –
Fatidique cours
     Des astres,
Oh ! dis-moi vers quels
Mornes ou cruels
     Désastres

L’implacable enfant,
Preste et relevant
     Ses jupes,
La rose au chapeau,
Conduit son troupeau
     De dupes ?

Fêtes galantes XVIII: Les Indolents

Posted in Fêtes galantes, Painting, Poetry with tags , on November 14, 2015 by Dylan Thomas Hayden

La boudeuse, c. 1718, Hermitage

La Boudeuse, c. 1718
The Hermitage, Saint Petersburg

« Bah ! malgré les destins jaloux,
Mourons ensemble, voulez-vous ?
– La proposition est rare.

– Le rare est le bon. Donc mourons
Comme dans les Décamérons.
– Hi ! hi ! hi ! quel amant bizarre !

– Bizarre, je ne sais. Amant
Irréprochable, assurément.
Si vous voulez, mourons ensemble ?

– Monsieur, vous raillez mieux encor
Que vous n’aimez, et parlez d’or ;
Mais taisons-nous, si bon vous semble ! »

Si bien que ce soir-là Tircis
Et Dorimène, à deux assis
Non loin de deux silvains hilares,

Eurent l’inexpiable tort
D’ajourner une exquise mort.
Hi ! hi ! hi ! les amants bizarres.

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